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La Majorité prête pour les élections, l’opposition tergiverse

Le gouvernement va organiser cette année une série d’élections pour renouveler l’Assemblée nationale, le Sénat et élire les maires de communes. Dès cette annonce, l’opposition a fait apparaître ses divergences pour sa participation ou non à ces scrutins. La société civile appelle à l’apaisement pour éviter toute violence postélectorale.

On enregistre déjà les notes discordantes à l’opposition, alors que les dates des scrutins ne sont même pas encore fixées. Pour Clément Mierassa de la Fédération de l’opposition, une plateforme regroupant l’Initiative pour la démocratie congolaise (IDC), le Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (FROCAD) et la Composante Jean Marie Michel Mokoko (CJ3M), il faut d’abord régler certains préalables.

« Le découpage électoral, par exemple, a été évoqué dans différents dialogues, mais jamais appliqué. Il est quand même anormal que la Bouenza qui est le département le plus peuplé du Congo ait moins de circonscriptions électorales que les Plateaux qui a quasiment la moitié de la population de la Bouenza », indique Clément Mierassa, invitant par ailleurs à « regarder froidement cette question dans un dialogue ».

Cette tendance de l’opposition a toujours affirmé que les élections ne pourront pas avoir lieu dans l’équité et la sérénité tant que des opposants seraient toujours en prison. Plusieurs figures de proue de cette branche de l’opposition sont en effet détenues à la maison d’arrêt de Brazzaville, poursuivies par la justice. Jean Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya et récemment André Okombi Salissa sont tous poursuivis entre autres pour « atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, détention illégale d’armes de guerre ».

Et pourtant, une autre aille de l’opposition, incarnée par le ministre Nick Fylla estime qu’il faut dès maintenant aller aux élections. Il s’agit de la Convention des partis républicains (COPAR). Son porte-parole Bonaventure Boundzika indique même que leur ambition est d’arracher, à l’issue de ces élections législatives, le poste de chef de fil de l’opposition. « C’est une guerre interne entre nous à l’opposition et le peuple tranchera. Il ne s’agit pas d’une personne qui sort de chez lui et se réclame du chef de l’opposition, non », clame Bonaventure Boundzika.

Ce point de vue est partagé à l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), la principale formation de l’opposition. Pour son Premier secrétaire Pascal Tsaty Mabiala, le gonflement du corps électoral dans une circonscription n’aura pas d’impact dans l’autre. « La probabilité à l’UPADS de ne pas participer à ces élections est très moindre », indique l’opposant.

A la Majorité présidentielle, les choses sont plutôt avancées. Certains candidats se déclarent déjà. C’est le cas de Didier Clotaire Boutsindi qui est candidat dans le district de Goma Tsétsé dans le Pool. « On n’a pas besoin de dialogue pour aller aux élections. L’opposition ne doit pas poser de conditions à la participation », défend-il.

Suite aux violences qui se déroulent dans le Pool, la société civile attire l’attention des acteurs politiques à ne pas créer d’autres tensions, et à vite régler la crise du Pool avant les élections. « Là on voit que le Pool va être exclu de ces élections. Et pourtant, c’est eux les hommes politiques qui ont créé cette situation. La société civile pense qu’il faut d’abord la paix avant d’organiser les élections », déclare Loamba Moke, président de l’Association pour les droits de l’Homme et l’univers carcéral (ADHUC), une ONG locale.

La France a déjà annoncé son appui multiforme à cette série d’élections. Les différents scrutins permettront de renouveler l’Assemblée nationale, le Sénat et de voter les maires de communes de plein exercice comme Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie ou Ouesso.

De nouvelles communes, tous les chefs-lieux de départements élire leurs maires si le parlement venait à adopter le projet de loi introduit par le gouvernement. Dans celui-ci en effet, le gouvernement souhaite que les villes de Madingou, Sibiti, Kinkala, Djambala, Owando, Ewo et Impofondo aient désormais un maire élu.