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D’équerre fabrique des hottes en ville pour un usage au village

Daniel Loussiessie  dit «D’équerre » est un fabricant de hottes qui habite « effacé » dans le quartier  Makazou à Brazzaville. Ces produits achetés dans la capitale sont utilisés dans les villages. Cette notoriété  est  due aux cordes artificielles que l’artisan utilise à la place de liane.

Généralement, c’est le produit de l’artisanat que l’on achemine vers la ville. Mais avec  la pratique de Daniel, c’est tout à fait le contraire qui s’opère même s’il demeure un commerçant ambulant.

En effet, ce septuagénaire qui a pour pseudonyme « D’équerre » du fait qu’il a été talentueux dans la maçonnerie, travaille avec des cordes en plastique qui garantissent la sécurité des emballages de grands cartons ou autres paquets en provenance de l’étranger tels que les réfrigérateurs, les congélateurs, les ballots de friperie. Ces cordes plus solides peuvent se confondent à celles des cartons des vivres vendus dans des boucheries.  Ces dernières sont par contre très légères et ne sont pas adaptées.

Autrefois mises à la poubelle ou brûlées après le dernier coup de balai à l’heure de la fermeture des magasins, ces cordes sont aujourd’hui  vendues par petits tas de 1.000 francs , 2.000 francs ou 2.500 francs CFA a affirmé  l’artisan qui va s’en procurer auprès de ses fournisseurs, les employés de différents magasins des marchés Poto-poto, Moungali, Ouenzé, Bacongo.

« D’équerre » travaille avec ses dix doigts et se sert de deux couteaux très tranchants  achetés à prix bas chez les vendeuses de « coco ». S’il utilise aussi de la liane, c’est juste pour créer le contour des  hottes du reste en cordes artificielles. Il lui faut au maximum une journée et demie pour fabriquer deux « mpondji ». Et là encore, il  faut tenir compte des dimensions car il en  natte des petites dont le prix varie entre 1.500 et 1.000 francs CFA, des moyennes qui répondent à 2.500 ou 2.000 francs CFA et des grandes qu’il vend à 3.000 ou 2.500. D’équerre  dont la clientèle reste féminine y trouve ainsi son gain.

Celles qui achètent sont pour la plus part nostalgiques. « La hotte me rappelle ma mère, mon enfance, mon village natal. Ce fourre-tout trouvera toujours un coin dans ma petite cuisine. Elle représente pour moi un objet ancestral qui cache toute une légende » a témoigné Julienne Mounkala, une mère de famille résidant à Brazzaville.

Cependant, la femme moderne ne jure que par mille corbeilles faites à base des résidus du pétrole qu’elle admire sur les étalages. Elle préfère ces récipients en matière plastique qui pullulent dans les marchés de la capitale. « Le ‘’ mpondji  ‘’ ne présente aucun intérêt pour elle, a déploré D’équerre que personne n’approche pour un  moindre apprentissage. « Les jeunes n’ont pas la tête à ça. Dommage ! » A-t-il lâché pour terminer.

En République du Congo, le « mpondji » présents dans les départements du Niari, de la Bouenza et la Lékoumou fait face à la « moutête »  utilisée dans le département du Pool. La hotte est appelée « ékolo » dans la zone nord du pays où elle se porte comme un sac à dos.