Close

La société civile et  l’opposition  contre la révision de la constitution

L’initiative prise par le gouvernement de modifier l’article 157 relatif à la durée de l’état d’urgence sanitaire de 20 jours à  90 jours, n’est pas approuvée par quelques acteurs de l’opposition, de la société civile et des universitaires, estimant que cette démarche n’était pas utile et opportune.

L’initiative de modification des dispositions de l’article 157 de la Constitution par le gouvernement, en voie d’être validée par le parlement, fait réagi le porte-parole de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), Sidoine Moukoukou pour qui son parti soupçonnait déjà les velléités du pouvoir à vouloir modifier la Constitution. « L’UPADS n’est pas surpris des manœuvres du gouvernement. Depuis longtemps, nous soupçonnons les velléités du pouvoir de modifier la constitution. Mais, notre position se fera savoir, dans la salle lors du vote de cette modification quand le parlement sera réuni en congrès », dit-il.

Une démarche soutenue par la Fédération congolaise de l’opposition.  « La fédération de l’opposition congolaise désapprouve et condamne fermement cette révision. Comment comprendre que cette constitution puisse, en cinq ans, accuser des failles qui ne permettent pas la bonne gouvernance du pays, au point de nécessiter une révision », renchérit le président de la Fédération de l’opposition congolaise, Clément Miérassa.

Pour sa part, Joe Washington Ebina, président de la Fondation Charles Ebina et membre de la plateforme des associations de défense des droits de l’homme, souligne que cette révision n’avait pas de sens et qu’il n’y avait pas de base qui soutient cette initiative. « La révision de l’article 157 de la constitution, n’a pas de sens. Rien ne montre qu’en 90 jours, cette pandémie de coronavirus sera éradiquée. Notre plateforme n’est pas favorable à une telle démarche », ajoute-t-il

Cet avis est aussi partagé par le Professeur Grégoire Lefouoba, professeur de philosophie qui a pensé que cette initiative est, ni opportune, ni pertinente. « Si c’est motivé par la pandémie, mais la pandémie est une situation passagère. Et si demain on a la variole et la tuberculose. Est-ce qu’on modifierait encore la constitution ? Je n’aurais jamais conseillé une telle démarche pour une situation qui est éphémère. La constitution n’a pas encore six ans. La modifier, c’est aussi contre-productif. Ne mortifions pas pour modifier, le socle de la révision n’est pas net. Parce que c’est l’autorisation de tout faire et rien du tout », argument –il. Le projet de loi modifiant l’article 157 de la constitution du 15 octobre 2015 sera présenté et discuté, pour son adoption par le parlement réuni en congrès le 7 janvier 2022.