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Le secrétaire général de l’ONU appelle à l’autonomisation réelle de la femme

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres a profité de la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars pour appeler à l’autonomisation réelle de la femme dans le but de respecter ses droits. Dans un message publié à cette occasion M. Guterres affirme que l’égalité des sexes est d’une importance cruciale pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les droits de la femme font partie intégrante des droits de l’homme. Mais en ces temps troublés, alors que le monde devient plus imprévisible et chaotique, les femmes et les filles voient leurs droits remis en question, limités ou réduits.Voici l’intégralité du message du secrétaire général de l’ONU :

Le seul moyen de protéger les droits des femmes et des filles et de leur permettre de s’épanouir pleinement, c’est de les autonomiser.

Les déséquilibres qui caractérisent depuis toujours les relations de pouvoir entre hommes et femmes, encore aggravés par l’accroissement des inégalités au sein de la société et entre pays, exposent les femmes et les filles à davantage de discrimination. Dans le monde entier, les traditions, les valeurs culturelles et les religions sont utilisées comme des prétextes pour s’attaquer aux droits des femmes, institutionnaliser le sexisme et défendre des pratiques misogynes.

Les femmes voient aujourd’hui un peu plus rongés leurs droits au regard de la loi, qui n’ont jamais été égaux à ceux des hommes sur aucun des continents. Ainsi, leur droit de décision concernant leur propre corps est remis en question et attaqué. Les femmes sont par ailleurs souvent la cible de tentatives d’intimidation et de harcèlement aussi bien dans le cyberespace que dans la vie réelle. Dans les cas les plus graves, des extrémistes et des terroristes édifient leurs idéologies sur l’idée de la domination des femmes et des filles, qu’ils vouent aux violences sexuelles et sexistes, au mariage forcé et au quasi-esclavage.

Malgré quelques progrès, ce sont les hommes qui occupent presque toutes les positions de pouvoir, et l’écart économique entre hommes et femmes est en train de se creuser, sur fond de mentalités arriérées et de machisme ambiant. Cela ne peut plus durer et nous devons donner aux femmes les moyens d’agir à tous les niveaux et leur permettre de faire entendre leur voix et de maîtriser leurs propres vies et l’avenir de la planète.

En plus d’être répréhensible sur le plan moral, le fait de ne pas respecter les droits des femmes et des filles a de graves répercussions sur les plans économique et social, qui sont contraires à l’intérêt commun. L’égalité des sexes est porteuse de changements essentiels au bon fonctionnement des collectivités, des sociétés et des économies.

L’accès des femmes à l’éducation et aux services de santé a sur leur famille et les communautés dans lesquelles elles vivent des retombées positives qui s’étendront aux générations futures. Une année de scolarisation supplémentaire peut se traduire par une augmentation allant jusqu’à 25 % du revenu qu’une fille pourra toucher quand elle aura atteint l’âge adulte.

La pleine participation des femmes à la population active offre des occasions sans précédent et est porteuse de croissance. Si l’on parvenait à combler l’écart existant entre hommes et femmes en matière d’emploi, on pourrait augmenter le PIB mondial de 12 milliards de dollars d’ici à 2025. De même, si l’on accroît la proportion de femmes dans les institutions publiques, on aura l’assurance que celles-ci seront plus représentatives, mais ce sera aussi un gage d’innovation et d’amélioration de la prise de décisions dans l’intérêt de la société dans son ensemble.

L’égalité des sexes est d’une importance cruciale pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le plan mondial que les dirigeants de tous les pays ont accepté d’appliquer pour relever les défis du monde contemporain. L’objectif de développement durable no 5 a trait spécifiquement à la réalisation de l’égalité des sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et les filles, qui revêtent une importance fondamentale pour que puissent être atteints les 17 objectifs de développement durable dans leur intégralité.

Je compte faire en sorte que davantage de femmes participent à notre action dans les domaines de la paix et de la sécurité. Le travail des négociatrices augmente les chances de parvenir à une paix durable et la présence de femmes parmi les soldats de la paix vient limiter les risques d’exploitation et d’atteintes sexuelles.

Pour ce qui est de l’Organisation des Nations Unies, je suis en train de donner des orientations claires assorties d’objectifs précis pour que la parité devienne réalité dans tout le système et pour faire en sorte que l’Organisation représente véritablement ceux qu’elle sert. Les cibles fixées par le passé n’ont pas été atteintes. Il est temps de joindre les actes à la parole.

En cette Journée internationale de la femme, nous devons nous engager à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en finir avec les préjugés éculés, encourager la mobilisation et le militantisme et promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. »