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Une stratégie pour améliorer l’école congolaise à l’horizon 2025

Une nouvelle stratégie sectorielle de l’éducation qui couvre la période 2015 – 2025 a été présentée le 18 octobre à Brazzaville, en présence du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, et du représentant-résidant de la Banque mondiale (BM) au Congo, Djibrilla Issa. Cette stratégie vise la construction d’un système éducatif performant devant permettre d’offrir une éducation de base de qualité à tous les enfants.

A l’horizon 2025, des avancées significatives devraient être enregistrées. Ainsi, tous les enfants devront finir leur cycle primaire et accéder au collège. Il s’agit de faire en sorte qu’il n’y ait plus d’abandon  au niveau primaire et réduire de moitié le taux de redoublements par rapport à leur niveau de 2015.  Plus de 30% des enfants de 3 à 5 ans devraient bénéficier d’une préscolarisation.

A ce niveau, un accent particulier sera mis dans les zones rurales et les personnes défavorisées.  Au moins 20 % des élèves de la classe de 5ème  devront se diriger vers le collège technique et 60 % des élèves de 3ème de l’enseignement général poursuivront leurs études en classe de seconde générale.

Il est aussi prévu que 25% des élèves de 3ème se dirigent vers le lycée technique et 77% des bacheliers poursuivent les études dans l’enseignement supérieur. En 2025, il est attendu 64 000 étudiants à l’enseignement supérieur contre 24 000 aujourd’hui. Selon la stratégie, des élèves bénéficieront des manuels scolaires gratuitement avec un accent particulier sur les manuels de Mathématiques, Français et Sciences pour les collèges.

Le nombre d’enseignants à tous les niveaux devra augmenter. D’où la création de nouveaux postes budgétaires dans la fonction publique et la prise en compte des bénévoles.   

Une fois ces ambitions réalisées, la qualité de l’éducation au Congo serait fortement améliorée par rapport à ce qui est décrié suite au diagnostic du système éducatif national fait en 2007.  Ce système est loin d’être reluisant, comme l’ont souligné les participants à la cérémonie. Il est marqué entre autres par des programmes inadaptés, une formation qui ne cadre pas avec le marché de l’emploi.

Une vue des participants
Une vue des participants

Il est également caractérisé par un nombre insuffisant d’enseignants qualifiés, un ratio élèves/enseignants  élevé dans certains départements. Sur le plan national, ce ratio se situe à 60 élèves par enseignant contre 80 dans la Likouala, 83 dans la Cuvette Ouest et 86 dans la Lekoumou.

Les manuels scolaires restent encore insuffisants ainsi que des structures d’accueil et autres commodité comme salles de classe, bibliothèques, point d’eau, latrines, tables-bancs.  Le manque de matériel didactique et  l’absence de laboratoires dans la quasi-totalité des établissements s’ajoutent à la liste non exhaustive des maux. La stratégie sectorielle et le PRASED visent donc à corriger ces manquements.

Le représentant de la Banque mondiale au Congo, Djibrilla Issa dont l’institution accompagne le projet a relevé dans son allocution que la stratégie de la BM pour l’éducation encourage et appuis les pays à investir dans l’éducation selon les trois principes de l’offre, de la qualité et de la pertinente. Pour Djibrilla Issa, le Congo a bien pris en compte ces exigences de qualité et de pertinente. « Comme relevé dans son document de stratégie de sectorielle de l’éducation pour la période 2015-2025, la faiblesse de l’efficacité interne et externe du système éducatif, dont l’inadéquation formation-emploi, constitue un obstacle important à l’accès à l’emploi au Congo », a-t-il souligné.

Le coût total du PRASED est estimé à hauteur de 70 millions de dollars dont 30 millions seront apportés par la B.M et 40 millions par le gouvernement congolais.